" Au temps perdu, il y eut...
...l'amitié je pense. Celle dont la source est inconnue mais dont les finalités expriment ce besoin d'attachement, de confiance et d'espoir. Cette amitié qui a le caramel collé aux dents et cette langue de chat piquante coupée en deux. Le partage mon ami, le partage. Puis, il y eut Brel. Une forte mélodie et plus rien. Les pans de ma jupe chantaient en harmonie et demandaient d'être l'ombre de ton ombre. En dentelles, les pans. 2¤50 dans un marché aux puces. La jupe, amère, toute comme l'histoire qui s'écoulait de sa matière décousue. Le thé brûlant ma langue, le vendeur m'avait conté ses quelques drames. Des mensonges, disait ma mère. Je n'y pensais même pas. Ou même plus. Car cette jupe me parlait. L'ennui du temps ne changeait pas son faciès, contrairement à moi. Elle était ma jeunesse. Cette jeunesse trop souvent oubliée. La nuit s'engloutissait dans les rues étroites de mon être. La division des bâtiments s'étalaient en silence, organisation au centimètre près. Même le hasard avait perdu son tracé de vie. Ce n'était pas l'obscure nuit qui m'attachait à l'atmosphère grise des ruelles mais la lumière du réverbère qui illuminait en un point mon existence. Assise au fond du gouffre, sur le banc métallique et froid d'un parc désert, j'écoutais aigrement le vent caresser les arbres. J'étais là mais ni pour écrire, ni pour me plaindre de mon intrigue perdue. Peut-être pour crier à l'infini, peut-être pour trouver, pour retrouver la perte, l'absence, l'adieu. La mélancolie est un mystère tandis que la silhouette du bonheur est facilement perceptible mais sa capture est piégée.
Au commencement, j'ai donc saisi cette nuit. Sur ce banc froid. Moi, qui me noie dans une fugace bile noire, Moi effaçant chaque virgule par peur de pauses et d'arrêt définitif, Moi, ignorante, sans un soupçon d'allégresse. Au commencement était la passion. Cette passion qui déambulait comme somnambule vers la bouche grandissante et affamée de la nuit, là ou la buée sortant s'abritait aux parois brisées de mon image. Au commencement, il y eut sa silhouette et nous. "
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Mémah.