Ce que j'ai entre les lèvres, c'est le goût amer de ses baisers gris. Le désir ardent d'un érotisme partagé, parfois regretté mais toujours ardent. Au sourire des plus beaux regards, quand deux étrangers s'appretent à franchir la ligne de sécurité qui les sépare du néant. J'ai son vide qui s'est réincarné en moi, pourtant le vide n'est rien, il me déchire les organes et court dans le bruit de la nuit, pourtant le vide n'est rien, il t'attache à son sexe et accumule ses desespoirs dans le tien, pourtant le vide n'est rien. Inexistant mais assoifé de bile noir, la négation incomplète de notre vie s'affirme dans mon pessimisme car je ne suis, je n'existe, je ne peux, je ne veux. A la lecture de mes pensées, j'aimerais juste détruire ma naissance. Eviter cette jetée à la vie, cette vague sans océan et rester dans cette ignorance. Le destin m'épuise de ses coups violents, il me viole parfois même avec mon consentement. Et je ne bouge pas. Je me tais, sous les huées des spectateurs, l'hilarité du fond et l'incompréhension des autres comédiens. Mon costume saigne, mon costume hurle, mon costume pleure. J'ai mal de toi.




![Si on ne peut guérir de ses maux, que faire d'autre que vivre avec. [Oxmo Puccino]](http://d2.img.v4.skyrock.net/d22/demain-minuit/pics/855029137_small.jpg)