Zzzz...
La nuit sommeille, ses ronflements cognent sur l'asphalte. Au coin de la rue, je n'entrevois que quelques cicatrices et un semblant de n½ud s'emmêlant dans sa trajectoire. Elle avance, à pas de loup, sournoisement.
L'Histoire avec une grande Hache s'effiloche après chaque date. Des cendres éparses, une amertume droguée et des peaux blanchâtres s'agrippent à chaque époque. Son territoire, immense et impressionnant, s'applique stratège après stratège, sur l'esprit public. Ses défaites sont scientifiquement illogiques, des idéaux se cognent dans son antre. Ses mots ont toujours un trafic d'arrière plan :
Oxygène ou Zyklon B ? Croix damnée, entre effluves de bêtise humaine et arôme de cadavres entassés, comme rien, telle
une ironie sanglante du récit humain. J'ai appris que l'Histoire ne donnait pas de leçons, qu'après chaque mort on hissait des drapeaux et qu l'on se déchirait, corps et âmes, entre nos sourires. Il
parait que c'est à la gloire de l'Etat que l'on devrait lever le poing. C'est
un subterfuge poignant qui nous blesse, un trait du passé qui nous détache, un vide grinçant qui rit de notre éternelle défaite. Un lapsus survit depuis des siècles,
il massacre, il tue, il viole, il rit. Mais qui l'entend ? Qui oserai tendre l'oreille pour surprendre ces cris déchirants de l'Histoire ? Qui sait d'ailleurs ? La vérité, existe-elle ? De mots en mots, on vide les pages brodées. C'est mieux comme ça, nos quotidiens s'alimentent d'eux-mêmes. Les trois points de suspensions glissent doucement, pour effacer le reste.
Et le rideau se ferme, dans une salle sans spectateurs.Mémaliah.