Pourquoi toujours attendre ? Et plus j'attends, plus je sens le poids du temps. Plus j'attends, plus je me sens condamné. Condamné à attendre. [Jean-Louis Aubert]

Pourquoi toujours attendre ? Et plus j'attends, plus je sens le poids du temps. Plus j'attends, plus je me sens condamné. Condamné à attendre. [Jean-Louis Aubert]
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- Tu m'attendras ?
- C'est un gage ?
- Nan.
- Tu verras bien alors.


Jeux d'Enfants.













Silence Taciturne


Chapitre 4

.:: Dernier baiser, dernière étreinte ::.

Quelle heure était-il ? Peu importe. Ce qui comptait c'est que je savais qu'il allait venir. Il allait sûrement passer par le parc. Pour rentrer chez lui, il était obligé d'utiliser ce chemin là. Je l'attendais, comme chaque jour, assise sur un banc vide où s'installaient parfois quelques vieillards. Le regard perdu, ils pensaient tous profondément. Les rides au coins de l'½il, les mains tremblantes, ils semblaient ne plus vivre, disparaître un instant. Ils avaient tous la même veste, ni très épaisse ni très légère, juste parfaite pour se réchauffer. Toujours marron. Ils portaient tous le même pantalon noir, les mêmes chaussures noires, le même chapeau noir, les mêmes lunettes noires. Ils me souriaient tous avant de s'asseoir et n'attendaient aucune conversation. Ils n'attendaient rien d'ailleurs. Ils étaient là, ailleurs aussi. J'essayais parfois de me faufiler entre leur instant présent et leur ailleurs. Je m'agrippais avec force à leurs petits yeux, tentant désespérément de trouver la véritable clé qui ouvre la bonne porte. Ils ne bougeaient pas, ne lisaient même pas un journal. A quoi bon ? C'est uniquement lorsque l'un d'eux s'asseyait près de moi que je comprenais la préciosité du temps. Le temps, le temps. Ce monstre qui emporte bons et méchants, cette abstraction immonde mais aussi tout à fait concrète. Le temps dévastateur, le temps enchanteur, le temps menteur, le temps qui passe et qui ne revient plus, le temps qui tue, le temps qui vit.

- A quoi penses-tu ?

Perdue dans mes pensées, je n'avais même pas remarqué que l'un d'eux était venu s'asseoir sur mon banc. Et il avait agi. AVANT MOI ! C'était à moi de lui poser cette question ! Pas à lui. Mes pensées ne sont rien à côté des siennes, rien du tout. Pourtant, c'est lui qu'avait fait le premier pas, c'est lui qui cherchait la clé, c'est lui qui se faufilait entre mon instant présent et mon ailleurs.

- Cela ne sert à rien d'attendre.
- Je n'attends rien monsieur.


Il sourit d'abord puis éclata de rire. Soudainement.

- Pourquoi riez-vous ?
- La personne que tu attends ne se soucie peut-être pas de ton attente. Il viendra, oui, il viendra, il passera par là comme chaque jour car il en est bien obligé pour rentrer chez lui. Il sera content de te retrouver ici, il te prendra dans ses bras, te dira que tu lui as manqué. Vous resterez un moment enlacé puis tu lui diras « je t'attends depuis des heures ». Il sourira puis t'enlacera de nouveau. Il ne se souciera de rien. Puisque tu l'aimes, il est bien normal que tu l'attendes... Et il te dira qu'il doit partir car sa mère vient de l'appeler pour manger. Tu l'embrasseras avant qu'il s'en aille, le serreras fort contre toi, lui diras que tu l'aimes. Il s'en ira et tu t'assoiras de nouveau sur ton banc en te disant que finalement, c'était une belle journée.
- Je n'ai pas vraiment besoin de conseil, vous savez...
- Je ne t'ai donné aucun conseil. Je te dis juste ce qu'il se passera réellement. J'ai passé ma vie à attendre et regarde moi désormais : je me suis perdu dans le désert de l'attente. Je regrette oui, je m'en veux énormément. Mais tout le monde sait qu'un retour en arrière est à présent impossible. C'est pourquoi je viens ici, chaque jour, avec l'étreinte de l'attente passée... Je cherche son regard dans la foule, ses pas qui résonnent dans mon c½ur. Je cherche son sourire dans chaque faciès, sa voix dans chaque ton. J'essaie de remettre un visage à son souvenir, j'hume le monde pour retrouver son parfum. J'analyse chaque personne pour apercevoir ses gestes, sa démarche, son aisance, sa virtuosité. J'espère, oui, j'espère. Cependant, je comprends petit à petit que l'espoir est lui aussi un faux ami. J'attends, j'attends. J'ai vécu avec l'attente et je n'ai plus d'autre choix, que de me laisser emporter avec elle.
- Vous parlez de la mort ?
- La mort ? La mort n'existe pas, si tu aimes vraiment, tu devrais comprendre. Être au dessus de Dieu... oui, c'est exactement ça l'amour.
- Dieu... dis-je en grimaçant.


Il se leva et sans me regarder, s'en alla. J'errais dans le néant, dans ce chaos éternel. Qu'avait-t-il voulu dire exactement ? C'était peut-être son âge qui lui faisait raconter tant de bêtises. Oui, oui... rien que des idioties. Ces temps-ci, beaucoup de monde essaie de s'amuser à faire les philosophes. Eux et leurs morales.

- Bouh !
- Efe ! Tu m'as fait peur...


Il m'enlaça, doucement d'abord puis avec frénésie . Il sentait la sueur, la boue, le foot, les amis et la joie aussi. Il m'embrassa, une main sur la joue. Je reculai...

- Bah qu'est-ce qu'il y a ?
- Je t'attends depuis des heures.
- Je devais accompagner une amie à l'hôpital, son frère est là-bas depuis une semaine.
- Ah ok.
- Et puis... je ne t'ai pas dit que j'allais te retrouver ici... si ?
- Hm.
- Bref, je dois y aller ma princesse, ma mère m'attend pour manger. J'aurais énormément voulu rester avec toi mais tu vois je n'ai pas...
- Ne t'en fais pas... allez vas-y.


Dernier baiser, dernière étreinte. Je le suivi du regard, jusqu'à ce que sa silhouette disparaisse de mon champ de vision. J'allai m'asseoir sur mon banc, il devait être aux alentours de 8 heures et demi. Et... ce fut quand même une belle journée...

Demain-Minuit.

# Posté le samedi 09 décembre 2006 12:01

Modifié le mardi 16 décembre 2008 06:10

L'incohérence n'existe pas, le désordre n'est qu'un ordre différent. Robert Malaval.

Mon coeur n'est rien. Futile objet doté d'un vide sensoriel. Excrément de glucides amoureux, errant spontanément de bidonvilles en bidonvilles. Visant l'espoir, dévisageant l'abattoir d'âme éperdues dans le monde gris. Dans un monde gris. Froideur et indifférence forme mon vainqueur. Mais lorsque le temps le tient de ses grands bras, la chaleur le surprend et voilà que mon être est prêt à recueillir son étreinte. Suis-je un bout étrange ? Moi, cet ustensile de cuisine mélancolique, perdant ses ingrédients de nuit en nuits. Ni dans son visage, ni sur son visage. Nul part. Juste un bout d'enfantillage et un adultère couleur kaki. Adultère du soi-même. Soldat accusant l'avis des généraux, brisant leurs éclats de rire, les jumelles collés à la face, divisant les terriers, pan, pan, pan. Défoule-toi dans ce corps, défoule-toi dans ce Zombie, il n'a rien de vrai, tout est purement scientifique et irréel, tout est communément surnaturel. Psychique ou liquide chimique : substances sans dessus dessous, panne de sens déçus, sans sous. Tout est Lapsus, je suis un lapsus. Subterfuge d'horloge, aiguilles "tiketakant" dans un couloir de mort. Echo tournoyant, peurs résonnantes.

Le cadavre exquis de mon inconscient trouve sa place dans le désordre.

Mémaliah.
L'incohérence n'existe pas, le désordre n'est qu'un ordre différent. Robert Malaval.

# Posté le vendredi 24 novembre 2006 13:29

Modifié le mardi 16 décembre 2008 06:10

L'amour et la haine sont des sentiments qui s'alimentent par eux-mêmes, mais des deux la haine a la vie plus longue. [Honoré de Balzac]

L'amour et la haine sont des sentiments qui s'alimentent par eux-mêmes, mais des deux la haine a la vie plus longue. [Honoré de Balzac]
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Je te hais plus que tu ne t'aimes !
Je m'aime beaucoup plus que tu me hais !
Je te hais plus que tu ne t'aimes !
Je m'aime beaucoup plus que tu me hais !
Je te hais plus que tu ne t'aimes !
Je m'aime beaucoup plus que tu me hais !
Il n'y a pas vraiment de sujet sur lequel je veux m'étendre...
Il n'y a pas vraiment de sujet sur lequel je veux m'étendre...


.La Caution.

# Posté le samedi 11 novembre 2006 16:05

Modifié le mardi 16 décembre 2008 06:10

Il est des gens qui n'embrassent que des ombres ; ceux-là n'ont que l'ombre du bonheur. [William Shakespeare]

Il est des gens qui n'embrassent que des ombres ; ceux-là n'ont que l'ombre du bonheur. [William Shakespeare]
.:: Nalonga ::.

Il m'a dit qu'il savait que je n'étais pas un assassin, que même parti de rien tout humain se crée un côté malsain. J'lui ai répondu que j'me savais capable de tout, aucune surprise dans ce bout de vérité qui tient parfaitement debout. J'ai cherché des réponses à des actes sans solution, le pourquoi de paroles sans fondations, lui ai parlé de moi sans concessions. Il m'a simplement répondu que l'univers avait ses raisons. Et j'ai compris que rien ne sera jamais fini, une histoire sans but précis, nous sommes voué à faire le mal à l'infini. Pas de pessimisme, je reste optimiste pour éviter la crise. Je me suis vue comme une poupée russe, des facettes est-ce que j'en ai plus ?
J'donnerais ma chair pour qu'il ne parle jamais à ma place, je risquerais de tout perdre en masse, même mes soldats les plus proches. J'ai l'impression que mon miroir me ment en face à face, depuis que je l'ai perçu dans la glace. Ainsi je me ballade avec ma conscience en poche, je n'veux pas qu'elle soit formatée à son approche.
Mais je me trompe, pour me désorienter je suis la plus prompte, puisqu'il est déjà dans les catacombes immonde de la partie de mon esprit la plus sombre... Il fait partie de moi de mon monde, ma réalité s'effondre : j'ai donc une moitié d'âme à mon encontre ?
Alors longtemps j'ai cherché les mots pour décrire mon Obscur Ego. J'ai toujours su qu'il était présent dans mon âme et mon conscient. Intouchable, ce petit être caché dans mon ventre qui me rend si instable... Il est mon cheval de Troie, un ennemi caché dans les enceintes de mon Moi, sous une douce étreinte il prend soin de garder ses assauts sous mes émois.
Est-ce que c'était ça le Nirvana de Bouddha ?
Se concentrer pour trouver ce qui s'cache en soi ?
Converser pour comprendre son propre cas ?

Sous son emprise je n'reconnaissais même plus mon c½ur qui battait, j'avais le pouls qui s'agitait quand il me parlait.
Avez-vous pris conscience de mon histoire ? Un jour j'ai dialogué avec le côté sombre de mon âme...


.:: Mémah ::.

Sent le dans ton sang, dans tes veines, il a cette trompeuse couleur d'ébène.
Mais c'est quoi l'Egobscur? Cette fausse idylle ? Cette rengaine ?
J'te dirais un nom masculin qui ne peut pas être mis au pluriel,
Le plus cruel des cauchemars qui te poursuit dans chaque ruelle,
Parfois imaginaire parfois réel, il est ce moi qui t'éveille,
L'origine du pouvoir, et pour beaucoup, synonyme de merveille.
Le Bien n'est pas son antonyme, mais la haine est sa plus belle hymne,
Il est celui qui te pousse dans l'abîme, vagabonde dans ton organisme
Et est presque ta mise en abyme...
Regarde bien en face tes angoisses les plus profondes...
Regarde les te faire la ronde,
T'encercler avec délices car c'est ton egobscur qui leurs raconte
Tes secrets les plus immondes
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A quoi se résume ton monde ?
Sur quoi tu te fondes ?
C'est lui qui dicte tes actes,
Qui trouve ta fourche perdue et organise tes pactes,
Te capture pendant l'entracte, te relâche puis dans tes paroles, s'épate.
Il est ce cri hagard qui s'élève dans ton chemin,
La mélancolie soudaine qui t'égorge même sans les mains.
Le couteau tourne dans la plaie,
Tu en viens même à te demander comment tu t'appelais.
La chanson perdure avec l'envie de chanter le dernier couplet...
Ecoute, elles ont remis cette même cassette
Pour que tu saches que l'aigre idée apporte plus de recettes
Que les règles que l'on respecte
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L'homme sait et applique tandis que son Egobscur inspecte,
Sourire saugrenu au coin de la bouche, il collecte chacune de nos pensées
Et doucement, il les becte, tel un petit insecte.
La proie est évidente, il prolonge son attente dans tes propres murs,
Il est le seul qui te murmure, des mots doux à l'oreille
Et qui griffonne ta feuille pendant ton sommeil...
Dort petit, ma plume te parle de mon Egobscur,
Le plus beau de mes silences, la monté d'adrénaline lorsque mon âme s'élance,
Ma peur qui bat en cadence, en rythme mais en transe,
En désaccord avec moi-même
Mais en parfaite harmonie avec le temps qui passe et qui pense,
Sentence après sentence.

# Posté le samedi 11 novembre 2006 05:29

Modifié le mardi 16 décembre 2008 06:10

Le rire, comme les essuie-glaces, permet d'avancer même s'il n'arrête pas la pluie. [Gérard Jugnot]

Le rire, comme les essuie-glaces, permet d'avancer même s'il n'arrête pas la pluie. [Gérard Jugnot]
Silence Taciturne

Chapitre 3.

.:: Réveil Cauchemardesque ::.

J'avais encore passé ma journée avec Efe sans poser le pied à l'école. J'étais rentré chez moi toute trempée, de la boue sur tous les vêtements. Mon père attendait au bas de l'immeuble, les mains sur les hanches, les sourcils froncés, prêt à rugir. Je m'avançais vers lui, courageusement. Pourquoi aurais-je peur ? J'avais pris l'habitude de ces colères, je ne m'en souciais plus. La rue était vide, bizarrement. Le roi de la jungle sort, les autres animaux fuient. Sauf moi.

- Où t'étais ?
- Laisse-moi passer.
- Réponds ! hurla-t-il


Etait-il une hyène ou un lion ? Ou tout simplement la grenouille qui se faisait passer pour le b½uf ?
Son corps robuste bloquait l'entrée de l'immeuble. Un silence de mort et une odeur de tabac planaient entre nous. Une cigarette à moitié consumée pendait entre ses doigts jaunis. Je baissai les yeux et ne répondis pas en sachant très bien que c'était ce qu'il voulait. Son fameux sourire se figea sur ce visage odieux et méprisable. Il n'avait jamais levé la main sur moi, oh non ! Il n'oserait pas. Il craignait énormément Dieu mais c'était surtout ma mère sa plus grande frayeur. Et si elle le laissait ? Que ferait-il sans argent ? Il ne travaillait pas car à quoi bon ? « L'Etat nous aide jamais, on est sous-estimé ! Ils nous prennent pour des sous-hommes ! » Disait-il en sirotant son énième bière. « Y'a tout pour les sales riches, les sales bourgeois et rien pour nous ! Hein ? On nous laisse crever dans la misère ! ». Que savait-il exactement de la misère ? Avait-il déjà vécu sans argent ? Avait-il déjà connu la soif ? La faim ? L'absence d'un parent ? Le manque d'amis ? Le besoin d'affection ? Avait-il déjà connu l'Amour, lui, cet homme revêche qui parlait sans penser ?
Il me laissa finalement entrer en me jetant, littéralement, dans le couloir. Je montais lentement les marches en l'écoutant se plaindre derrière moi :

- L'ascenseur est encore en panne... y'en a marre... ah encore cette odeur de pisse... comme s'ils pouvaient pas faire leurs conneries ailleurs... quelle arnaque... avance plus vite, j'ai pas que ça à faire... rentrer à une heure pareille... moi quand j'avais ton âge... pourtant t'es sorti de l'école tôt aujourd'hui... j'ai vu ton emploi du temps sur le mur de ta chambre... j'espère que t'es pas encore allé traîner avec ces voyous...

Il se tut soudainement. J'étais arrivé devant la porte d'entrée, prêt à frapper lorsqu'il s'écria :

- T'es allé à l'école j'espère ?!

Sa voix résonnait dans le couloir. J'imaginais déjà les plus curieux, l'oreille collée à leur porte. Les rumeurs et autres on-dit allaient sûrement se multiplier dans la soirée, s'étendre dans toute la ville. Ma mère ouvrit la porte juste à ce moment-là. Elle nous dévisageais, l'un après l'autre, et semblait attendre une réponse à une question pas encore posée. Mais à qui le tour ? Le rituel continuait. J'avais l'habitude désormais, tout cela était un bout de ma journée, un bout de moi, un bout de ma vie. Le genre de bout que tu n'acceptes pas forcément mais que tu subit, que tu subit et que tu subit car il en est ainsi, car il est désormais trop tard pour changer quoi que ce soit, pour tourner le dos aux vérités et tout recommencer. Car le recommencement n'existe pas. J'en suis sûre maintenant. C'est pour cette raison là que moi, j'avais tout simplement décidé de commencer.

Demain-Minuit.

# Posté le mercredi 08 novembre 2006 07:38

Modifié le mardi 16 décembre 2008 06:10